mercredi 9 juillet 2008

Message du comité de soutien aux députés

Mesdames, Messieurs les députés,

Nous nous inquiétons de la situation de Mohamed Sifaoui.

Mohamed Sifaoui, écrivain, journaliste réfugié politique algérien a du fuir l'Algérie pour la France où il vit depuis 1999. Ceci pour avoir été pris en étau entre la junte militaire algérienne et le G.I.A. C'est ce dernier qui revendiqua l'attentat sur son journal "le Soir d'Algérie" du 11 février 1996 qui fit des dizaines de victimes dont certaines parmi ses collègues et amis.

Mohamed Sifaoui a, depuis, écrit pas moins de 6 ouvrages condamnant le terrorisme islamiste, condamné les attentats du 11 septembre, ceux de Madrid et de Londres, ainsi que l'assassinat de Théo Van Gogh. Il a par ailleurs soutenu Robert Redeker, Ayaan Hirsi Ali, lorsqu'ils étaient menacés de mort. Il a témoigné au procès des caricatures de Charlie Hebdo en faveur de la liberté d'expression.

Mohamed Sifaoui s'est fait agressé en plein Paris le vendredi 13 mars de cette année. Nous aimerions savoir pourquoi la France lui a enlevé la protection policière dont il bénéficiait, à juste titre, depuis 2003.

Mohamed continue de recevoir au quotidien des menaces de mort de la part de nombreux islamistes.

Fermement attaché aux valeurs de la République et du "vivre ensemble laïque", il est évident que Mohamed Sifaoui représente pour la France l'étendard d'une écrasante majorité de nos concitoyens de confession musulmane résistant farouchement au quotidien contre le fléau islamiste.

Attendu que de lui retirer la protection policière le condamne à une mort certaine ou à l'exil, nous considérons comme directement responsable l' Etat français de toute agression dont pourrait être victime Mohamed Sifaoui. Par ailleurs, nous avons en conscience que la mort où le départ de France de Mohamed Sifaoui n'aiderait qu' encore un peu plus nos concitoyens de confession musulmane fermement attachés au valeurs de la République à se sentir exclus. Nous aimerions savoir par ailleurs si c'est ainsi, en poussant nos concitoyens musulmans au repli identitaire et religieux que l'Etat français compte assurer la sécurité des français sur l'ensemble de son territoire ?

En attendant de trouver des réponses à nos questions, et surtout, en espérant qu'au plus vite, Mohamed Sifaoui, marié et père de deux enfants, retrouvera la protection policière dont il a été injustement privé, nous vous prions, mesdames, messieurs les députés, d'agréer nos respects les meilleurs,

Nous vous informons qu'une pétition de soutien a été mise en ligne à cette adresse : http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1830

Aurélien Roulland, porte-parole du Comité de Soutien à Mohamed Sifaoui


Associations signataires : : Athétürk, association franco turque athée et laïque ; Hanimeli, l'Association des Femmes Turques de Lyon ; Association Horizons Turcs ; Association Turquie Européenne ; Association Faire Le Jour, pour la défense des Libertés, des droits de l'Homme, et de la Laïcité ; Atheisme.org ; Association Vox Populi Association Des Libres Penseurs de France ;

Personalités signataires : : Marie-Odile Novelli, Vice présidente Verte du Conseil régional Rhônes Alpes ; Alain Lipietz, Député Vert Européen ; Caroline Fourest, journaliste et écrivain ; Noël Mamère, député-maire Vert de Bègles ; Gaye Petek, membre du Haut Conseil à l'Intégration (HCI) et membre du Haut Comité de Réflexion sur la Laïcité à l'Ecole ; Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ; Jadée Dubois, UMP, Présidente Nationale des élus de Banlieue ; Ali Kazancigil, Politicologue, essayiste turc ; Benmerad Djamal, écrivain et poète algérien ; Defne Gürsoy, journaliste et écrivain turque ; Guinefoleau Rémy (PS), Directeur Territorial Conseil Régional PACA ; Paul Landau, chercheur et journaliste israëlien ; Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS (CEVIPOF) attaché au Centre de Recherches Politiques de Sciences Po ; Anne Zelensky, présidente de la Ligue des Droits des Femmes ; Jacques Muller, Sénateur-Maire socialiste du Haut-Rhin ; Philippe Lamberts, Porte-parole du Parti Vert Européen ; Robert Redeker, philosophe ; Guy Konopnicki, journaliste et écrivain ; Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit International des Femmes ; Maxime Verner, Vice-Président du Rassemblement Social-Démocrate ; Safia Lebdi, présidente des Insoumis-es, ex-fondatrice de Ni Putes Ni Soumises ; Murat V. Erpuyan, chargé de cours à l'INALCO, conférencier et président de l'association Ataturquie

dimanche 6 juillet 2008

Mohamed Sifaoui à Lyon en 2006 contre Hani Ramadan !

vendredi 4 juillet 2008

La France protège t'elle mieux les colombes que la Turquie ?

C'était le vendredi 19 janvier 2007. En Turquie, Hrant Dink, journaliste turc d'origine arménienne écrivait un article pour le quotidien Radikalà qui a marqué à jamais l'inconscient collectif de l'ensemble des démocrates turcs. C'était un texte émouvant où le fondateur du journal turco-arménien Agos, qui aimait tant le peuple Turc et était haïe à la fois par les ultra-nationalistes arméniens et turcs, faisait le point sur sa vie et son combat pour la démocratie en Turquie, ainsi que pour le rapporchement turco-arménien. Dans un même temps, avec une lucidité incroyable, il livrait ses angoisses profondes de vivre ses derniers instants et d'être forcé à quitté la Turquie où il aimait tant vivre, se sachant menacé de mort par les groupuscules d'extrême droite turque. Ainsi il conclut son article : « Je me sens comme une colombe dans les rues d’une grande ville, craintive et libre à la fois. Mais je sais que les gens de ce pays n’oseraient jamais toucher une colombe ». Ce firent les derniers mots qu'il écrit. Le lendemain, dans l'après-midi, il fût abbattu de sang froid par 3 balles dans la tête par un jeune d'extrême droite de 17 ans devant les locaux de son journal à Istanbul. Comme Mohamed, Hrant avait un foyer où l'attendait une femme et des enfants. L' Europe, la France en tête, s'était déclarée scandalisée du fait que l'on puisse assassiner un journaliste arménien en Turquie. Rarement les derniers quand il s'agit de donner des leçons de démocratie, les politiques et la presse française avait alors fustigé la Turquie pour ne pas avoir su protéger un de ses meilleurs journalistes. Se sentant ainsi pousser des ailes, certains identitaires sur internet redoublaient d'animosité pour profiter du drame en attirant l'internaute avec des titres racrocheurs comme « Hrant Dink, la dernière victime du génocide arménien ». Nombre d'entre eux profitant comme des vautours de « l'aubaine » pour déverser leur haine du turc et du monde musulman, justifiant par ce fait divers malheureux la « raison » de rejeter l'adhésion de la Turquie à l'Europe, arguant ainsi que les valeurs des Turcs et du monde à majorité musulmane sont incompatibles avec les valeurs européennes (entendez par là, le sacro-saint « occident chrétien »)...

Si Coluche était encore là, il concluerait très certainement avec le bon sens délicatement grossier qui était le sien par un de ses fameux « proverbes hongrois » que l'homme sage à fort raison de se guarder de donner des leçons à tout va car bien souvent le doigt que l'on pointe vers autrui fini par nous revenir comme un boomerang dans le... vous m'avez compris !

Et en effet, pas plus de 6 mois après l'assassinat de Hrant Dink en Turquie, le gouvernement français retirait à Mohamed Sifaoui la protection policière dont il bénéficiat depuis 2003. Cela en connaissance des nombreuses menaces de mort reçues par Mohamed pour son combat livré farouchement contre le terrorisme islamiste. Cela en toute conscience de la mort certaine à laquelle elle livre son enfant le plus courageux. Comme on donne un vulgaire morceau de viande à un chien affamé. Pour le simple prétexte que l'image de musulman démocrate et laïque que donne Mohamed, et qui représente l'écrasante majorité des français de confession musulmane, déplait à une certaine classe de médias qui préfèreraient donner une image du musulman cruel, le couteau entre les dents. Comme la femme de Hrant Dink, la femme de Mohamed Sifaoui est en droit de demander des comptes à l'Etat Français, afin de savoir qui fait en sorte au sein de cet Etat, si ce n'est pour armer, de livrer Mohamed sans défense à son futur jeune assassin fanatisé. Comme les Turcs, les Français sont en droit de demander à la France si la majorité de ce gouvernement qui a axé sa campagne sur la sécurité, tient véritablement à notre sécurité, ou au contraire, à attiser les tensions inter communautaires afin d'éternellement raviver ce sentiment de sécurité pour que nous acceptions toujours encore un peu plus, jours après jours, la suppression de nos dernières libertés individuelles pour le bien de notre prétendue sécurité. Comme en France lors de l'assassinat de Hrant Dink, les démocrates de Turquie, et par extension tous les démocrates du monde à majorité musulmane sont en droit de demander des comptes à la France à propos de la protection policière de Mohamed Sifaoui. Rappelant comme la France l'avait fait alors l'article 3 de la Déclaration Universelle du 10 décembre 1948 que la France tout autant que la Turquie est tenue de respecter et qui stipule que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». Ainsi, depuis le vendredi 13 juin, date à laquelle Mohamed Sifaoui s'est fait agressé en plein Paris par des islamistes du fait de la cruelle suppression de cette protection policière, chaque être humain que ce soit en France, en Europe, ou dans le monde est en droit de faire un procès à l'Etat Français et aux responsables politiques et adminstratifs responsables de la mise en danger délibérée de Mohamed Sifaoui pour non-assistance à personne en danger.

Mohamed Sifaoui pourtant aime autant la France que Hrant Dink aimait la Turquie. En septembre 2007, dans l'émission Thema sur la chaine Arte il déclarait à propos des islamistes : « moi je suis quelqu'un qui ai choisi l'Europe comme mode de vie. Voilà ! C'est un mode de vie qui me convient. La laïcité me convient, la démocratie me convient, la république me convient. Très bien. Alors pourquoi ils ne sont pas dans la même cohérence et quittent les pays qu'ils considèrent impies, mécréants, tout ce qu'on veut... et qu'ils aillent dans des pays comme l'Arabie Saoudite par exemple ? Et c'est ce que je leur ai dit déjà. J'ai eu l'occasion de dire ça à un immam pendant la polémique sur le voile. Je lui ai dit : au moins là-bas vous ne vous batterez pas pour que vos femmes portent le voile. Là-bas on vous battera pour que vos femmes portent le voile ».

Ce vendredi matin 4 juillet 2008, Mohamed Sifaoui faisait parvenir à Pierre Cassen, collaborateur du journal en ligne Riposte laïque, ses pensées sur sa situation présente. Sa lecture ne peut nous empêcher de nous glacer le dos tant il nous rappele l'article que son collègue Hrant Dink écrivait il y a un an à Istanbul, un jour avant sa mort :

« Je te remercie, cher Pierre, de ton soutien et de ton amitié. A vrai dire, je suis tellement déboussolé que je ne sais pas quoi te dire, je ne sais pas ce qu’il faut faire. La seule chose qui me reste à faire, j’y songe de plus en plus sérieusement, c’est de quitter la France. Je ne sais pas où vais-je aller, certainement pas dans un pays arabe mais cette situation n’est plus tenable.

J’observe, avec beaucoup de douleur, que plusieurs personnes, y compris celles que j’ai toujours soutenu, se moquent royalement de ce qui peut m’arriver. Je ne comprends pas comment l’on ne s’indigne pas, plus, lorsqu’un homme vivant sur le territoire de la République n’est plus libre de ses mouvements. Je ne sors pratiquement plus de chez moi. Je ne sors plus avec mes enfants dans la rue, au mois de mars dernier, j’ai été insulté en public en présence de mon fils qui depuis ne cesse de me poser des questions sur cet incident. Il va avoir six ans et il ne comprend pas la violence verbale et l’attitude agressive auxquelles il a assisté. Hier, j’ai fait évacuer mes enfants à l’étranger, ils reviendront à la rentrée.

J’ai remarqué la présence d’islamistes dans mon quartier. Je sais qu’ils ont repéré mon domicile. La police me dit qu’elle ne peut rien faire tant qu’il n’y a pas d’infraction. On me conseille de déménager. Bref, je vois et j’observe des choses bizarres. Crois-le, je ne suis ni lâche ni peureux mais mon intuition ne m’a jamais trompé lorsqu’il s’agit de terrorisme. Je sens que des choses graves risquent de m’arriver. J’ai pris mes dispositions pour me défendre. J’ai juré de ne plus me laisser agresser. Je pense que cette affaire se terminera, de toute façon, très mal pour moi. Ou on arrivera à me tuer ou à me nuire gravement, ou alors en me défendant je risque de tuer quelqu’un. En gros, je risque l’hôpital, le cimetière ou la prison. Dans les deux premiers cas, on dira, ce qu’on me dit déjà, "je l’ai bien cherché", dans le dernier cas, on me fera la leçon pour me dire "je n’avais pas à me défendre". Voilà ma situation cher Pierre, voilà la France d’aujourd’hui.

Amitié

Mohamed

PS : A ta place, je garderai précieusement ce message, il risque de se transformer en scoop (à titre posthume) ».

A l'heure où l'UMP tente une dernière manœuvre pour rejeter l'adhésion de la Turquie ; et où la France par la voix de son président Nicolas Sarkozy prend la présidence de l'Union Européenne, et nous n'en doutons pas en profitera pour rappeler une énième fois à la Turquie ses atteintes à la démocratie afin de lui refermer gentiment les portes de l'U.E, la véritable question est maintenant de savoir pour nous tous si cette même France protège mieux les colombes que la Turquie ne l'a fait pour Hrant Dink il y a un an...


Aurélien Roulland, porte-parole du Comité de Soutien à Mohamed Sifaoui


Signez la pétition de soutien à Mohamed Sifaoui !

jeudi 3 juillet 2008

Le « courrier du coeur » d'un rédacteur du site oumma.com à Mohamed Sifaoui !

Ce matin notre comité de soutien à Mohamed Sifaoui s'est entretenu avec lui au téléphone. Pour Mohamed, ce matin du 3 juillet 2009 est un grand jour. Comme 65 millions de français, à son réveil, il a appris avec joie la libération d'Ingrid Bétancourt. Dans son appartement parisien où il vit reclus avec sa femme et ses deux enfants depuis 6 mois, date à laquelle la protection policière dont il bénéficiait depuis 2003 lui a été enlevée sans raison aucune, la nouvelle lui est apparue comme un rayon de soleil dans un quotidien maintenant pour lui très sombre. Quelques heures plus tard, il me faisait parvenir son le « courrier du coeur » fraîchement envoyé par un de ses nombreux « amoureux transis » :

« > > From: redaction@oumma.com
> > Subject: over-blog.com : Vous avez reçu un message
> > Date: Thu, 3 Jul 2008 15:54:20 +0200

> > over-blog.com : Vous avez reçu un message

> > Ce message vous est envoyé par un visiteur grâce au formulaire de contact accessible en bas de page de votre blog: www.mohamed-sifaoui.com

> > A : le futur mort sifaoui

> > De : islamiste algérien

> > ta haÏne aura raison de toi car même si tu as été agressé la prochaine fois c'est la mort je n'ai jamais eu à te voir personnellement et physiquement mais c'est vrai que j'éprouve un sentiment de jouissance và l'idée de te trancher »

Le site oumma.com n'est pas répertorié comme un site à caractère raciste par la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme. Notons que dans son dernier rapport datant de 2004 et intitulé « l'internet raciste en langue française », celle ci expliquait que « la lecture de ces forums dédiés au racisme enseigne cependant qu’un certain nombre de leur membres interviennent en général sur d’autres forums non dédiés spécifiquement au racisme (sites communautaires, ou d’organes de presse, voire des sites universitaires) », en continuant « Ainsi le site oumma, site musulman très fréquenté, possède un forum interne qui est le lieu de multiples débordements à caractère raciste, les modérateurs affirment veiller aux contenus et procèdent effectivement au retrait de certains messages, toutefois de nombreux contenus odieux, négationnistes et antisémites sont présents sur ce forum. Il s’avère que certains intervenants du forum intégriste assabyle interviennent aussi sur le forum oumma ce qui ne doit pas aider à modérer les messages ». Loin de vouloir jeter l'opprobe sur le grand nombre de nos compatriotes internautes musulmans qui fréquentent ce site généraliste, il semblerait néanmoins que depuis 2004, un ver se soit glissé dans la pomme de son comité de rédaction.

Dans un français qui n'est certes pas celui de Mohamed, du philosophe tunisien Abdelwahab Meddeb, de l'écrivain libanais Amin Malouf, de la romancière iranienne Chahdortt Djavann, du poète kabyle Benmerad Djamal, ou de l'écrivain turc Nedim Gürsel. Ce n'est pas pour autant que la francophonie en prend « un coup dans la gueule » que nous allons nous replonger dans la sombre histoire de nos campagnes de colonisation, desquelles nous sommes heureusement enfin sortis. Admirons par ailleurs le style du rédacteur d'Oumma, qui n'en demeure pas moins limpide, et le moindre que l'on puisse dire... coloré ! Audiard avec la gouaille que nous lui connaissons aurait commenté : « je vois... tout le charme de l'Orient... moitié loukoum, moitié ciguë... l'indolence et la cruauté... en somme, le Coran alternatif ! ». Le fait est, c'est une règle tacite universelle de pouvoir aujourd'hui faire dire aux textes et aux prophètes ce que l'on veut - surtout s'ils sont morts ! - selon que l'on en choisira une interprétation positive ou négative. C'est ce que l'on appelle la liberté de conscience, et c'est précisément ce que défend Mohamed. Si Ben Laden voit dans le Coran la légitimité de faire sauter les tours jumelles, Mohamed lui y voit la raison de son amour universel pour l'être humain quel qu'il soit dans toute sa diversité, et de le défendre avec acharnement de tout son coeur et de toute son âme. Comme il existe aussi une Bible « alternative ». Celle de Bush qui voit déjà dans le psaume 23 au lendemain du 11 septembre, le motif d'aller envahir l'Irak pour de prétendues « armes de destructions massives », et il y a bien sûr la Bible de l'Abbé Pierre. Il est évident que la vision du monde de l'Abbé Pierre est soeur de celle de Mohamed Sifaoui, comme il est évident que ces deux visions ont en commun un même ennemi : l'interprétation perverse des textes religieux, façon Bush ou Ben Laden, à des fins assassines. Par ailleurs, confidences pour confidences, si aujourd'hui l'auteur du « courrier du coeur » est un islamiste du site oumma.com, il arrive aussi parfois que ce dernier soit un fan d'extrême droite. Ces derniers aiment prendre leur petits crayons d'écoliers pour écrire à Mohamed afin de lui dire combien ils sont heureux des menaces qu'il reçoit, lui soulignant avec délicatesse qu'ils espèrent ainsi qu'à défaut d'y mourir, il quittera enfin notre douce France au plus vite, afin que cela fasse un arabe de moins. La timidité, l'émotion, et la pudeur de jeunes rosières effarouchées font qu'évidemment, tous ces poètes en herbe ne signent jamais leurs « maux d'amour » lancés à Mohamed comme les goèlands défèquent avec légèreté sur les plages aux somptueux couchers de soleil de Colioure.

Je vais vous faire un aveu. En y réfléchissant, cela ne prouve qu'une seule chose. Qu'il n'y a jamais eu, qu'il n'y a pas, et qu'il n'y aura jamais en ce bas monde un « occident chrétien » d'un côté opposé à un « orient musulman ». Encore moins comme on l'entend trop souvent un « monde chrétien occidental éclairé » et un « monde musulman oriental moyen-ageux ». Tout d'abord parce que le prétendu monde chrétien n'est pas composé essentiellement de chrétiens, et que le prétendu monde musulman n'est pas composé essentiellement de musulmans. On retrouve dans ces deux parties du monde quels qu'ils soient des chrétiens, des musulmans, des athées, des agnostiques, des boudhistes, ou de simples déïstes. Et comme il n'y a pas un « occidental » type, il n'y a pas d' «oriental ». Prétendre le contraire serait favoriser une identité au dépend d'une autre et mépriser le droit intrinsèque de chaque individu à disposer de lui-même. Ce serait ni plus ni mois faire preuve d'un esprit ségrégationiste. Tout cela donc, n'est pas affaire de culture mais d'éducation et de civisme. Et Mohamed qui n'a pas attendu de venir en France pour découvrir les valeurs humanistes n'est que l'enième maillon musulman de la chaine en or des hommes éclairés, comme avant lui l'écrivain tunisien Tahar Haddad ou le poète turc Namik Kemal puisaient dans leur vision du divin les notions absolues de liberté, d'égalité, et de fraternité. Les pays musulmans tels que l'Iran, l'Irak, l'Afghanistan ou le Pakistan pour ne citer qu'eux, ne soint pas moins dévellopés que nous parce qu'ils sont intrinsèquement inférieures. Mais parce que nos gouvernements européens avec l'aide de la C.I.A ont tout fait ce qui était en notre pouvoir pour installer et soutenir des régimes islamistes afin de former une « green belt » contre le communisme dans un premier temps, et de faire main basse sur les réserves de pétrôles de ces régions dans un second temps. Cela au mépris des peuples qui s'y trouvaient. Et nos compatriotes de confession musulmane ne sont pas moins démocrates ou moins laïques que le restant des français que nous sommes. En privilégiant d'un côté la parole à des Tarik Ramadan ou des Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et Président du Conseil Français du Culte Musulman qui avait poursuivit Charlie Hebdo au tribunal dans l'affaire des caricatures de Mahomet, politiques et médias ne font rien d'autre que de les baillôner. Et quand alors on donne à Dalil Boubakeur l'Ordre National du Mérite, et qu'en même temps on enlève la protection policière à Mohamed Sifaoui qui lui a soutenu la liberté d'expression du même journal, on les pousse clairement au repli identitaire. On comprend alors que l'image de musulman éclairé de Mohamed Sifaoui dérange des politiques et des médias qui voudraient voir dans le musulman commun un intégriste qui voile sa femme et en veut à votre liberté. On comprend alors que lorsque le pouvoir d'achat est en chute libre, que le malaise économique généralisé touche toutes les classes de la société, et que les gouvernements successifs ont tous été incapables de le relever, il vaut mieux pour ces messieurs qui nous gouvernent trouver une « tête de turc » afin de diviser la société... pour mieux rêgner. En l'occurence la « tête de turc » est toute trouvée : le musulman. Cela ne date pas d'hiers puisque déjà à l'été 1096 le pape Urbain II dépêche la première croisade contre les turcs seldjoukides, au fallacieux motifs de venir au secours des chrétiens d' «Orient», et dont les véritables motifs étaient d'une part d'unifier l' «occident chrétien» ravagée par les guerres seigneuriales, la famine et les épidémies, tandis que tout l'Orient n'affichait que luxe, calme et volupté. Au fond, de tout temps, le propre des Lumières comme Mohamed n'a-t-il pas été d'avoir eu cette capacité paradoxale de nous éclairer comme de nous révéler nos zones d'ombres ?

Mais ne gâchons pas cette journée radieuse. Ingrid Bétancourt est libre. Et il nous faut le répéter encore et encore pour arriver à y croire. Tellement c'est beau ! Tellement c'est grand ! Tellement c'est incroyable ! Comme un match de foot de l'équipe nationale turque en quart de finale de l'Euro 2008 ! Même si nous n'y sommes pour rien. D'avoir simplement toujours su au fond de nous même, chrétiens, musulmans, juifs, boudhistes, athées, et j'en passe, qu'un jour telle la « Liberté guidant le peuple » d'Eugène Delacroix, cette belle femme, notre Mariane à tous surgirait de la jungle colombienne pour retrouver la chaleur de son foyer où l'attendait sa mère, son mari et ses enfants depuis six ans, quatre mois, et neuf jours ! Alors en écoutant cette nouvelle ce matin, nous ne pouvons nous empêcher de penser à Pierre Perret. Pour l'anecdote, la petite histoire veut que c'est suite à la lecture d'un fait divers dans le journal que Pierre Perret ai composé sa célèbre chanson « la cage aux oiseaux ». En effet, il lu un jour qu' aux états unis, tout juste après être sorti de prison où il venait d'y passer des années d'enfermement, la première chose qu'un prisonnier fit, fût de se diriger tout droit vers un marchand d'animaux. L'homme entra sans mot dire et ouvrit toutes les cages à oiseaux. Notre Pierrot trouva l'histoire si belle et si touchante que la nuit suivante, il rêva sa chanson. Et quant au matin suivant il se réveilla il n'eut plus qu'à la coucher d'un trait sur le papier. Nous aussi, comme Mohamed, avons rêvé tous ensemble de cette libération. Et en ce réveillant ce matin, Ingrid Bétancourt, notre belle colombe de la Paix volait gracieusement dans le ciel bleu sous nos yeux ébahis.

Chantons ensemble comme un cantique cette hymne magnifique de notre Pierrot national à la Liberté en hommage à la libération d' Ingrid Bétancourt : « Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux, regardez-les s'envoler c'est beau. Les enfants si vous voyez des p'tits oiseaux prisonniers, ouvrez-leur la porte vers la liberté ».

Pendant que nous chantons, Mohamed vit en cage dans son appartement où la simple tentative d'en sortir peut lui couter la vie. A déjà failli lui couter la vie. Pourtant Mohamed ne vit pas dans la forêt colombienne, mais la jungle parisienne. Oui, Mohamed est là quelque part dans Paris avec sa femme et ses deux enfants. Parmi nous. Parmi nous et pourtant derrière les barreaux du terrorisme, de sa générosité, et de notre indifférence dont il s'est fait une prison. Pourtant la chanson ne dit pas que la liberté d'un oiseau dépend de sa couleur ou de son prix. Parce qu'il n'y a pas d'oiseau en cage qui soit musulman, chrétien, juif ou athée. Parce que rien, absolument rien ne ressemble plus à un oiseau en cage qu'un autre oiseau en cage. Victor Hugo aimait dire que « l'âme est le seul oiseau qui soutienne sa cage ». Et si avec l'aide de Mohamed nous décidions enfin de nous en libérer ?


Aurélien Roulland, porte-parole du Comité de Soutien à Mohamed Sifaoui

mardi 1 juillet 2008

Reste-t-il encore un pilote laïque dans l'avion à part Mohamed ?

Quelle belle République tout de même que cette France qui permet à des millions de citoyens, quelques soient leurs croyances, leurs ages, leurs sexes, ou leurs couleurs de peau, de pouvoir « vivre ensemble » tout au long de ce grand voyage qu'est la vie. Fabuleuse, d'une blancheur immaculée... énorme ! On dirait l'A-380 ! Dans ce bel avion voyage avec nous un musulman algérien : Mohamed Sifaoui. Soyons honnêtes : des musulmans dans les avions - avec tout l'abattage médiatique qui nous a été versé depuis le 11 septembre 2001 à leur compte, ce n'est pas vraiment ce que notre inconscient collectif voudrait voir monter en premier dans un avion. Nous avons déjà du mal à penser, malgré les nombreux sondages qui ont prouvé que la majorité écrasante des musulmans de France était fermement attachée aux principes de la République, qu'un musulman peut être démocrate... alors voir monter dans l'avion un musulman algérien... à part nous rappeler avec angoisse tout le long du trajet le piratage par le GIA du vol Air France 8969 d'Alger à Paris du 24 décembre 1994, qui devait se terminer sur la Tour Eiffel, et auquel le GIGN a heureusement mis fin... Et même si Mohamed se présente sur son blog comme un « musulman laïque et démocrate qui refuse la compromission avec l'islamisme », nombre de paranoïaques d'entre nous ne connaissant pas Mohamed Sifaoui, aurait tendance à penser d'emblée qu'il utilise Al Takia, cette fameuse loi du mensonge qui permet en islam à tout fidèle de mentir pour dissimuler ses véritables intentions. Même si la présomption d'innocence est un des principes fondamentaux du Droit Français, et qui fait que notre démocratie est si solide. Bref, certaines images marquent à vie bien plus que nous voulons l'admettre et les préjugés ont la peau dure. Mohamed lui, n'a pas attendu que la France et le monde - avec la prise d'otage du Paris-Alger ou les attentats du 11 septembre - découvrent l' instrumentalisation de l'islam à des fins terroristes qu'il a depuis toujours condamné. Le 11 février 1996, cela a d'ailleurs failli lui coûter la vie lorsque le GIA fait pulvériser le journal « Le Soir d'Algérie » où il travaille. Pour reprendre les mots de Guillaumet, célèbre pilote de l'Aèropostale, les yeux de Mohamed ce jour là ont vu « ce qu’aucune bête au monde » n’a vu : l'horreur de ses camarades éparpillés en morceaux. Un jour qu'il n'oubliera jamais, qu'il ne pardonnera jamais. Oui Mohamed, qui voyage avec nous depuis 1999 date à laquelle il est venu en France comme réfugié politique, est un « poseur de bombes ». Comme tout journaliste écrivain consciencieux pour qui la lutte contre les intégrismes est bien plus qu'un travail, mais un véritable sacerdoce. Une bombe laïque à fragmentation d'électron libre balancée balancée en plein paysage intégriste. Mohamed Sifaoui est un véritable danger. Pour l'islamisme radicale. Il a, à ce jour, publié pas moins de 6 ouvrages pour dénoncer et condamner l'intégrisme islamique, défendu Robert Redecker et est allé jusqu'à témoigner en faveur de Charlie Hebdo lors du fameux procès des caricatures. Suite à d'innombrables menaces de la part de fondamentalistes qui se sont juré de le voir mort, Mohamed, depuis 2003 disposait de la protection policière. Cette même protection policière qui s'est dégradée jusqu'à ce qu'elle lui soit retirée il y a 6 mois. Le vendredi 13 juin, Mohamed s'est fait agressé dans l'indifférence générale par un individu reconnu par la brigade anti terroriste de Paris comme un islamiste notoire. Au lendemain du 11 septembre, on a beaucoup entendu les médias culpabiliser nos concitoyens de confession musulmane de ne pas se positioner par apport à Ben Laden. Comme si l'on devait tous se positionner par rapport à nos origines. Mais depuis 6 mois, pas un média n'a parlé de la protection policière enlevée par le gouvernement français à Mohamed Sifaoui, ni de l'Enfer qu'il vit au quotidien. Par contre, on a toujours beaucoup entendu les fondamentalistes en costume comme Tariq Ramadan, ou des pseudos philosophes comme Robert Redecker pour qui l'islam serait plus violent dans les textes que toute autre religion. On a mis l'accent sur l'affaire du mariage annulé à Lille par un musulman pour cause de virginité. Comme si le culte de la virginité n'était pas présent dans les religions chrétiennes ou juives et par extension chez bon nombre d'hommes. Comme pour encore mieux stigmatiser nos concitoyens musulmans. A croire que la volonté de l'Etat Français est par la stigmatisation systématique de faire de nos concitoyens musulmans des citoyens de seconde classe. De les forcer au repli identitaire. A croire que nous avons oublié le véritable sens du « vivre ensemble » laïque. Il serait alors temps que nous nous en rappelions dans les plus brefs délais avant que la République laïque sociale et indivisible que nous avons créé à tant d'efforts, de larmes, de sueur, et de sang versé, ne redevienne une monarchie associable, divisée, communautariste, et paranoïaque. Il serait alors peut-être temps pour nous, au-delà des images qui nous ont marqué, relativiser et apprendre à voir les peuples à majorité musulmane autrement. Comme les premiers combattants de l'islamisme – que nous avons installé lors de la guerre froide dans nombre de pays du moyen orient et du Maghreb - dont ils sont les premières victimes. Bien plus que la liberté d'un homme, c'est l'indivision de notre République qu'il a toujours défendu avec acharnement qui est en jeu. N'attendons donc pas que Mohamed fuit la France comme il a fuit l'Algérie... auquel cas nous volerions droit dans le mur !


Aurélien Roulland, porte-parole du Comité de Soutien à Mohamed Sifaoui

mardi 24 juin 2008

Liberté, liberté chérie, combats avec ton défenseur... musulman, démocrate et laïque : Mohamed Sifaoui !

Le 11 février 1996 les locaux du journal « Le Soir d'Algérie » où Mohamed Sifaoui travaille sont pulvérisés par un attentat à la bombe revendiqué 5 jours plus tard par les islamistes du G.I.A. Pris en tenaille entre le pouvoir algérien et le G.I.A, il décide en 1999 d'épouser notre douce France. Réfugié politique, Mohamed continue son travail de journaliste, avec au coeur le pincement du souvenir des corps déchiquetés de ses collègues journalistes de ce fameux jour noir de février 1996. Lui qui se déclare sur son blog être « un musulman laïque et démocrate qui refuse la compromission avec l'islamisme » épouse la pensée voltairienne et défend le droit à la critique de l'islam. A la fois journaliste d'investiguation, écrivain et cinéaste, Mohamed Sifaoui a, à ce jour, publié pas moins de 6 ouvrages contre l'intégrisme musulman et un contre la mafia asiatique, comme la majorité de ses corrélligionaires condamné les attentats du 11 septembre et le meurtre du réalisateur Théo Van Gogh assassiné par un fondamentaliste, défendu Robert Redecker et Ayaan Hirsi Ali menacés de mort, témoigné en faveur de Charlie Hebdo dans l'Affaire du procès des caricatures, donné des dixaines d'interview, de conférences... et reçu des centaines de lettres de menaces de mort qui lui ont justement valu une protection policiaire depuis 2003. Il y a 6 mois, sans aucune raison, en remerciement de ses services héroïques rendus à la nation Française cette protection policière vitale lui a été perfidement retirée. Et ce vendredi dernier, il était agressé par un islamiste en plein Paris sans que personne ne bouge ou qu'aucun policier ne soit là pour le défendre. Etrange femme que cette France qui inventa en même temps les Lumières, la Liberté, les Droits de l'Homme et la guillotine. Belle mais tellement capricieuse. Qui reproche depuis le 11 septembre à ses enfants de confession musulmane de se déclarer contre le fanatisme en prenant soin de ne donner la parole qu'aux plus fondamentalistes encravatés tels que Tarik Ramadan. Etrange France dont le combat contre le terrorisme islamiste se résume à donner la parole à des non musulmans tels que Robert Redecker ou Ayaan Hirsi Ali que l'islam et le monde musulman révulse. Est-ce là toute la vision que veulent montrer au fond nos médias et de nos politiques du « vivre ensemble laïque »: chrétiens, athées et juifs s'affrontant ensemble dans une arêne contre le monde musulman ? En montrant l'ensemble de nos concitoyens issus du monde à majorité musulmane dont tous les sondages montrent à l'écrasante majorité qu'ils sont comme les autres autant rattachés aux valeurs de la République, comme de potentiels poseurs de bombes ? Est-ce en créant des citoyens de seconde classe et en divisant ainsi le peuple, créer des rancunes, attiser les tension inter communautaires, que le gouvernement compte assurer notre sécurité ? Ou toute cette mascarade n'est-elle pas au fond faite pour nous diviser tous autant les uns que les autres, afin de mieux nous tondre la laine sur le dos ? Comme pour mieux pouvoir nous « légitimiser » par la suite de rejeter l'adhésion de la Turquie, d'aller faire la guerre à l'Iran au subtile motif de vouloir « y apporter la démocratie » ( et surtout se ramener du pétrôle ). Comme pour pointer du doigt la paille qu'il y a dans l'oeil du voisin afin de ne pas voir la poutre qui pousse dans le notre : l'indépendance des médias mise à mal, les baisses du système scolaires, de la culture, de la santé, et la hausse du coût de la vie. Rappelant que les musulmans sont les premiers touchés par le fléau de l'islamisme, le Comité de Soutien à Mohamed Sifaoui, composé d'associations et de membres divers de la société civile s'inquiête de la dangereuse manipulation de l'islamisme à des fins politico-financières. Il fait appel à toutes les forces vives de France afin que la protection policière soit rétablie pour assurer la sécurité d'un homme dont le métier est d'assurer celle de la liberté d'expression de millions d'autres. Il met en guarde le gouvernement français qu'il entend rendre responsable de toute agression sur la personne de Mohamed Sifaouie et qu'il accuse de non assistance à personne en danger. En privant ainsi la France de ses combattants musulmans laïques, il l'accuse de stigmatiser les musulmans et de faire en sorte, que loin d'assurer la sécurité du peuple, le soupçonne de rechercher insidieusement la division de la République. Ce qui est c ontraire à notre constitution.

Une signature a été mise en ligne :
http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1830

Le blog du Comité de Soutien à Mohamed Sifaoui :
http://soutenons-mohamed-sifaoui.blogspot.com


Aurélien Roulland, porte-parole du Comité de Soutien à Mohamed Sifaoui

jeudi 19 juin 2008

Mohamed Sifaoui, un homme en colère !